De la Bioxoïde

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L’argent dette, quel rôle pour l’Etat?

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« Toutes les occupations de l’homme sont à avoir du bien »
Pensées (26) de Blaise Pascal

L’Argent Dette de Paul Grignon est un  documentaire sous forme de film d’animation – diffusé en streaming sur Internet et en DVD – qui traite du crédit et de la création monétaire. Ce film connait un succès certain sur Internet. Fin 2009, il a été vu par plus de deux millions de spectateurs et traduit en au moins en 14 langues. Depuis Paul Grignon a également produit une version révisée de l’Argent Dette et une suite intitulée L’argent Dette 2, Promesses chimériques afin de répondre aux principales critiques formulées à l’encontre de son premier documentaire, le succès poursuit sa course et devient un véritable phénomène culturel. Outre le caractère complotiste, ces vidéos répondent à une attente par un besoin du « grand public» d’assouvir une demande d’explication qui grandit aussi vite que croît la crise financière initiée en 2007 et encore en cours.

Si l’on met ces informations en perspectives par rapport à la dette publique française cela provoque tout un ensemble de questions sur les rôles respectifs de l’Etat, de la Banque centrale et des banques commerciales dans le processus de la création monétaire.

Le postulat de la réflexion est le suivant:
– 1° La dette publique française est évaluée fin 2009 à 1 841,5 milliards d’euros selon les critères de la comptabilité publique française (passif financier brut).
– 2° Le service de la dette représente le paiement annuel des échéances (capital plus intérêts) des emprunts souscrits. La charge de la dette représente le paiement des intérêts seuls ; elle se montait à 47,4 milliards d’euros pour l’année 2005, soit la presque totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français (qui représente, en 2006, 17 % des recettes de l’État). Cette charge était en 2005 le deuxième poste budgétaire de l’État français, après celui de l’Éducation nationale et avant celui de la Défense. En 2006, et pour l’État seul, la charge des intérêts de la dette était de 39 milliards d’euros, soit 14,6 % du budget de l’État. La charge des intérêts se montait en 2007 à plus de 50 milliards d’euros (augmentation de 12 % par rapport à 2006). Il s’agit de l’équivalent du déficit public.
– 3° Selon le rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques rendu public en juin 2009, cet endettement était, fin 2008, de 20 600 euros par habitant et de 47 400 euros par actif ; la charge des intérêts de la dette publique était en 2008 de 850 euros par habitant et 1 950 euros par actif.

Une des quatre prérogatives régaliennes permettait à l’État de détenir la souveraineté économique et financière en émettant de la monnaie, notamment par le biais d’une banque centrale.

Les banques centrales peuvent également monétiser des titres de dette publique (procédure interdite pour la Banque centrale européenne et les Banques Centrales Nationales de la zone euro par l’article 123 du Traité de Lisbonne, ex article 104 du Traité de Maastricht).

Quel est le rôle de l’Etat en matière de création monétaire?

Il est inconcevable que les français continuent de payer des intérêts à un système bancaire privé alors que tous ces emprunts sont fait pour financer des dépenses publiques. En 1973, la Loi « Pompidou Rotschild Giscard » a assujetti les français à devenir de plus en plus dépendant de puissances économiques occultes, en les considérant comme des forçats de la dette publique. Cette escroquerie financière au paiement d’intérêts sur des emprunts d’ordre public, contribue à faire vaciller le système économique et social de la France, à vendre des pans entiers de l’industrie, à remettre en cause tous les acquis sociaux les uns après les autres.

Pour ébaucher un début de réponse, il faudrait distinguer le financement public de celui du privé. La création de monnaie devrait être gérée par des institutions bancaires publiques lorsqu’il s’agit de dépenses publiques (investissement et non pas fonctionnement), cela éviterait que la totalité de l’impôt sur le revenu soit englouti dans le remboursement des intérêts de la dette et ferait du bien à l’ensemble de la société et des contribuables en particulier. Et le reste des affaires bancaires au privé pour la gestion des dépôts et des crédits, donc le financement des ménages et des entreprises.

Je suis pour un système hybride d’économie mixte qui permettrait à l’Etat de recouvrer ce pouvoir régalien de créer de la monnaie sans intérêts dans le cas d’emprunts et d’investissements publics. Et je suis aussi pour distinguer les banques d’affaires des banques de dépôts.

La gestion purement bureaucratique, administrative d’un outils qui relève plus de l’esprit d’entreprise me semble pas très approprié sutout pour financer par le crédit les ménages et les entreprises.

A voir le Glass-Steagall Act nom sous lequel est généralement connu le Banking Act de 1933 aux États-Unis.

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Written by Voda

15 avril 2011 à 20 h 47 min

21 Réponses

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  1. Après avoir visionné le documentaire en question, je dois reconnaître que mes interrogations à ce sujet étaient bien loin de cette réalité.
    Serions nous sous l’emprise d’un Léviathan économique ?
    Je n’en suis qu’à peine étonnée.

    jobougon

    26 avril 2011 at 14 h 59 min

    • @jobugon, « Leviathan » ou « serpent monétaire », je vois que nous avons les mêmes références. Je vous porte le salut depuis un cyber café de Chipiona, une station balnéaire en Andalousie, une région tout en poésie. J’aime vous lire mais en ce momemt je suis deconnecté.
      A bientôt:-)

      ObïOxOïdO

      29 avril 2011 at 20 h 57 min

  2. Paul Grignon affirme que la valeur d’une reconnaissance de dette serait nulle. Or une reconnaissance de dette s’achète et se vend. Une obligation cotée en Bourse est une reconnaissance de dette. Des entreprises émettent ces obligations-reconnaissance de dette. L’Etat aussi émet ces obligations-reconnaissance de dette. Ce sont alors des « bon du Trésor ».

    Cette erreur de Paul Grigon suffirait à invalider entièrement sa critique du système monétaire actuel. Mais il a fait d’autres erreurs aussi graves. Le système de banque centrale est logique, quoi non optimal. Je suis partisan du free-banking, c’est à dire de la dénationalisation de la monnaie. Je ne défend donc pas le système monétaire actuel. Mais des arguments faux ne sont pas recevables.

    gdm

    14 mai 2011 at 9 h 00 min

    • Grignon fait son travail de vulgarisation, il a aussi une orientation politique qui n’est pas pour vous plaire. Son succès n’est plus à faire sur la toile.

      Vous connaissez l’histoire de la Banque de France. Une petite citation pour vous éclairer:

      « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. »

      Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur Français

      ObïOxOïdO

      14 mai 2011 at 16 h 53 min

    • @obiox
      Le succès médiatique de Grignon démontre seulement l’étendue de l’ignorance des gens sur la création monétaire. Malheureusement, l’exposé de Grignon est un tissu d’erreurs.

      gdm

      14 mai 2011 at 19 h 36 min

      • @gdm, Il n’y a pas un tissu d’erreurs mais une polémique sur le fait que l’argent dette crée la monnaie de l’emprunt mais pas les intérêts et à ce propos Paul Grignon se justifie dans son deuxième opus. Ce monsieur dérange parce qu’il est atypique. S’il ne vous plait pas, tant pis. Libre à vous d’aimer le Free-Banking. Pour ma part, je souhaite vivement que la Banque de France reprenne sa fonction en matière de création monétaire non pas au-dessus mais sous l’égide du pouvoir régalien de l’Etat.

        ObïOxOïdO

        15 mai 2011 at 14 h 04 min

      • @obiox
        mais, Grignon affirme qu’une reconnaissance de dette a une valeur nulle. C’est une erreur évidente. Son erreur invalide tout le reste. admettez-vous cette erreur de Grignon?

        gdm

        15 mai 2011 at 14 h 10 min

      • @gdm, Peu m’importe de savoir si une reconnaissance de dette a une valeur nulle. Je ne refuse pas de débattre. Je n’ai simplement pas envie de refaire un énième débat sur la crise des subprimes que tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit en fait d’une crise des produits toxiques dérivés de ces subprimes, donc de l’échange et des valeurs des créances et de son marché.
        Paul Grignon n’est pas le propos de l’article. Je parle du succès de l’argent dette 1 et 2 en constatant que des millions de gens s’intéressent et se sont informés sur le processus de l’argent dette qui n’est ni plus ni moins qu’une Madofferie institutionalisée.
        Cet article a pour but de proposer une idée quant au rôle d’un Etat et de sa banque centrale propre. Il convient donc de distinguer le rôle de la banque centrale vis à vis des Etats et des banques commerciales.
        Trouvez-vous normal que la BCE prêtent aux Etats de l’argent dette à des taux pouvant aller jusqu’à 7 à 8% tandis que dans le même temps elle finance le sytème bancaire commercial sur des emprunts pour un taux de 1%?
        Faudrait peut-être un peu réfléchir et discuter sur des choses sérieuses plutôt que polémiquer sur une erreur de Paul Grignon qui invaliderait je ne sais quoi.

        ObïOxOïdO

        15 mai 2011 at 14 h 40 min

      • @obiox
        mais, si! c’est important de savoir si une reconnaissance de dette a de la valeur ou non. Si oui, alors tout ce que dit grigon s’effondre. Or elle a de la valeur. Elle s’achate et se vend tous les jours sur les marchés. Grgnon fait une erreur d’ignorant.

        gdm

        15 mai 2011 at 15 h 02 min

      • @gdm, Paul grignon est au moins un ignorant qui se soigne. Personne n’est parfait. L’essentiel est que tout le monde en parle de cet argent dette car comprendre le système bancaire est essentiel pour imaginer une sortie honorable pour tous.

        ObïOxOïdO

        15 mai 2011 at 15 h 30 min

      • @obiox
        pour comprendre le système monétaire actuel, il faut d’abord savoir qu’au 19e siècle, un billet de banque était une promesse de la banque de verser de l’or.

        Aujourdhui, c’est moins clair.

        gdm

        15 mai 2011 at 16 h 16 min

  3. @gdm. Nous sommes d’accord aujourd’hui c’est moins clair.

    L’étalon-or est un système monétaire dans lequel l’unité de compte ou étalon monétaire correspond à un poids fixe d’or.

    Les partisans de l’étalon-or affirment que ce système permet de mieux résister à l’expansion du crédit et de la dette. Au contraire d’une monnaie fiduciaire, une monnaie à contrepartie en or ne peut pas être émise arbitrairement par un État. Cette contrainte empêche l’inflation par dévaluation et lève en théorie toute incertitude sur la pérennité de la monnaie, ce qui permet à l’autorité monétaire d’avoir un crédit sain, et de prêter plus facilement.

    Le système d’étalon-or n’est plus actuellement utilisé dans aucun pays, et a fait place au cours forcé du papier-monnaie.

    Les accords de Bretton Woods (1946-1971) mettent en place un système d’étalon change-or : la valeur du dollar US est directement indexée sur l’or (à 35 dollars par once), tandis que les autres monnaies sont indexées sur le dollar. Les réserves des banques centrales doivent alors être constituées de devises et non plus d’or. Le gouvernement américain garantit la valeur du dollar, mais n’est pas obligé d’avoir une contrepartie en or aux dollars émis.

    Les accords de Bretton Woods ont donné naissance à deux organismes internationaux :
    – la Banque internationale pour la reconstruction et le développement ou BIRD, aujourd’hui l’une des composantes de la Banque mondiale ;
    – le Fonds monétaire international ou FMI.

    Et les accords de la Jamaïque mettent un terme aux accords de Bretton Woods en 1976 en s’appuyant sur trois dispositions essentielles :
    – l’abandon du système des taux de changes fixes et la légalisation du nouveau système de taux de change.
    – le rôle de surveillance attribué au FMI.
    – l’élimination du rôle de l’or au sein du Système monétaire international et place prépondérante accordée aux Droits de tirage spéciaux (DTS).

    À partir des années 1980, le taux d’endettement a très fortement augmenté dans presque tous les pays développés. En 25 ans, dans la zone euro, il est ainsi passé approximativement de 35 % à 70 % du PIB et de 20 à 70 % en France.

    Tous les pays de la planète sont endettés et à partir du moment ou les nations ne disposent plus d’excédents en matière de crédits et que les réserves des fonds des institutions internationales sont approvisonnées en dollar, en euro, en yen et en livre sterling. Ces pays étant sur le même exponentiel de la dette française sur les 25 dernières années.

    L’argent est donc créé par l’endettement soit une planche à billet utiliser comme un instrument monétaire international quasiment fictif.

    Dites-moi maintenant pourquoi devrions nous payer des intérêts sur de l’argent qui n’existe pas?

    ObïOxOïdO

    15 mai 2011 at 18 h 56 min

    • @obiox
      Le free-banking est, amha, la solution naturelle, optimale pour la monnaie. le free-banking est infiniment plus facile à comprendre que l’usine à gaz de la monnaie étatique.

      Une unité monétaire est une promesse commerciale de verser qq chose. C’est donc un titre financier ordinaire. Le fonctionnement du free-banking est logique et simple. robuste et efficace.

      gdm

      15 mai 2011 at 19 h 12 min

  4. @gdm,  »Le fonctionnement du free-banking est logique et simple. robuste et efficace. » Comment pouvez-vous dire cela? le free-banking n’existe pas.

    ObïOxOïdO

    15 mai 2011 at 20 h 06 min

    • @obiox
      Le free-banking a fonctionné en Ecosse pendant 130 ans. Et le même principe monétaire était alors très proche de celui des monnaies contemporaines.
      Le principe est que chaque billet, chaque unité monétaire est un titre financier, est une promesse de verser de l’or.

      gdm

      16 mai 2011 at 7 h 32 min

  5. J’ai l’impression de lire deux langues différentes quand je vois cet échange de mots. Pour ma part, je dirais que vous avez raison aussi bien l’un que l’autre, mais que vos points de vues ne sont pas au même endroit. Une reconnaissance de dette a une valeur au regard du crédit qu’on lui accorde et de la loi. Mais l’argent dette semble dépasser largement ce niveau. Et là il me semble que l’on sort de tout système existant pouvant légitimer la réalité. C’est pourquoi j’ai trouvé le raisonnement de Monsieur Grignon tout à fait pertinent, d’autant que ça venait en quelque sorte confirmer un soupçon d’idée qui planait déjà un peu en moi. Mais ce système tient encore, et pourquoi pas tiendra qui sait encore longtemps. Ca, c’est l’inconnue. On sait très bien que la virtualité permet de tenir bien des choses.

    jobougon

    15 mai 2011 at 21 h 02 min

    • @jobougon,  »vous avez raison aussi bien l’un que l’autre ».
      Les pensées s’opposent et souvent s’équilibrent dans l’échange. Quand les pensées sont contraires et que les parties ont raison, vient l’heure du choix.
      Si le système fonctionne et procure du bien être aux populations, tant mieux mais c’est loin d’être le cas. Les profits sont privatisés et les pertes sont publiques, il y a quelque chose qui cloche. De plus, les intérêts de la dette condamnent à vie des pays entiers au paiement d’une rente.
      Le démantèlement des prérogatives de l’Etat en matière de création monétaire pour le plus grand bénéfice d’une oligarchie financière apatride.
      C’est ignoble.
      Même si les films d’animation de Paul Grignon sont imparfaits, ils ont le mérite d’éveiller les consciences pour au moins essayer de débattre sur un sujet était réservé à une élite agissant dans l’ombre.
      Il n’est jamais facile de lire dans le futur mais il est certain que le Web 2.0 commence à bouleverser l’ordre social. Les infos filent à la vitesse de la lumière grâce à cette évolution technologique qui nous permet de se rencontrer et s’exprimer pour enfin passer pourquoi du virtuel vers le réel.
      Bonne soirée.

      ObïOxOïdO

      15 mai 2011 at 21 h 27 min

      • @obiox
        Non. On est dans le domaine de la science, pas de la rêverie. C’est vrai ou c’est faux. Il n’y a pas de milieu. Et la science se démontre tous les jours à l’université. Grignon est un rêveur ignorant. C’est affligeant.

        gdm

        16 mai 2011 at 7 h 39 min

    • @jobougon
      Non, le raisonnement de Grignon est irrécupérable. Truffé d’erreurs qui l’infirme. Une des erreurs monumentales est de dire que la reconnaissance de dette n’a pas de valeur.

      Depuis 3 siècles, un banque échange de la monnaie contre une reconnaissance de dette. C’est donc que, pour la banque, la reconnaissance de dette a plus de valeur que la monnaie versée. Sinon, la banque refuserait l’opération.

      La valeur des monnaies contemporaines est fondée uniquement sur la valeur des reconnaissances de dette des emprunteurs. Je dis bien uniquement. Comme Grignon l’ignore, son raisonnement est entièrement faux.

      gdm

      16 mai 2011 at 7 h 37 min

  6. @gdm, cet article n’a pas pour but de faire le procès de Paul Grignon. Votre entêtement est hors de propos. Soit vous discutez du rôle des Etats et des banques centrales dans le processus de la création monétaire soit vous passez votre chemin.
    De plus, la science économique relève plus du pronostic que de la science exacte. L’université n’est pas la panacée pour distinguer le vrai du faux en ce domaine, elle sert tout juste à formater les étudiants, ensuite libre à eux de se libérer de leurs maîtres à pensée.

    ObïOxOïdO

    16 mai 2011 at 8 h 43 min

  7. Plus j’avance, moins je connais de science exacte…

    jobougon

    17 février 2012 at 16 h 23 min


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